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Kichigai Tenshi [userpic]

Mes anciens écrits... Suite de "Là où tu n'existes pas..."

le 03 mars 2008 (18:14)
sick

Ce que je ressens: sick
Ce que j'ai dans les oreilles: "Angels" - Eskobar


Voici la deuxième partie de "Là où tu n'existes pas", une fic Harry-Draco qui pourrait presque être "vraie", lol.

Titre Là où tu n’existes pas, je n’existe plus

Auteur : Kriss des Children

Genre : Slash HP-DM

Résumé : quelques années après la mort de Voldemort et la fin que la guerre, Harry Potter est devenu auror. Sa spécialité au sein du Ministère : élucider les affaires difficile. Une mission bien particulière va lui être confié cette fois-ci. Il va être confronté à un Mangemort très spécial, un ancien ennemi de longue date. Et cette rencontre va bouleverser sa vie trop tranquille…

Rating : M

Spoilers : l’histoire prend en compte tous les éléments des livres, avec quelques allusions au 6e livre, « Le prince de sang-mêlé ».

Disclaimers : Persos de JK Rowlings

Playlist conseillée pour ce passage / écoutée au moment de l'écriture : j’avais « a thousand chances » d’Eskobar dans les oreilles quand j’ai écrit. C’est assez mélancolique, donc n’importe quelle musique douce qui vous plait convient .

Note 1 : j’utilise les termes anglais : Slytherin (Serpentard), Gryffindor (Gryffondor), St Mungo (Sainte Mangouste), Moaning Myrtle (Mimi Geignarde), Hogwarts (Poudlard), Hogsmeade (Pré-au-lard) etc…

Note 2 : attention, cette histoire implique une relation amoureuse entre deux garçons. Lemon très légère (j’en ai lu des pires, mais bon, à vous de juger). En plus, certains aspects ont été changés par rapport aux personnages de JK… comme leur sexualité… Non, Harry n’a jamais quitté Cho Chang pour Seamus, c’est juste une idée tordue à moi…



Là où tu n’existes pas, je n’existe plus

- partie 2 -

Harry volait si vite qu’il entendait son manteau claquer derrière lui et le vent siffler à ses oreilles. Pourvu que je n’arrive pas trop tard, se répétait-il sans cesse. Il atterrit sans bruits dans le jardin intérieur de St Mungo et descendit de son balai. Il se massa les phalanges. Il avait tellement crispé ses mains sur le manche qu’il en avait mal ! Je dois me calmer, pensa-t-il. Si je ne reste pas calme, tout sera perdu… Il resta une bonne minute immobile dans la nuit fraîche, respirant profondément pour diminuer le stress qui le torturait depuis la fin de l’après-midi.

Juste avant de quitter son bureau, il avait intercepté un message de Cho pour St Mungo. Ils devaient préparer le transfert définitif de Malfoy pour Azkaban où le jeune Mangemort serait jugé pour ses crimes perpétrés pendant la guerre. C’était absurde ! Non seulement Harry était sûr qu’il ne simulait rien et était réellement victime d’une étrange malédiction, mais il était également persuadé que le jeune homme n’avait commis aucun crime. Draco allait payer pour d’autres sans pouvoir se défendre, et ce uniquement parce qu’il s’appelait Malfoy. Harry avait longtemps était aveuglé par sa haine stupide envers le jeune homme, son rival en tout depuis l’école. Mais maintenant qu’il connaissait le vrai Draco, il se rappelait cet ancien adage : ‘le fils n’est pas responsable des crimes de son père.’ Tous jugeraient Draco pour son sang et non pour ses actes. Et ça, Harry ne pouvait pas le laisser faire.

Il sortit sa baguette de la poche intérieure de son manteau et jeta un Reducto sur son balai. Il l’empocha puis se dirigea silencieusement vers le bâtiment, vide à cause de l’heure tardive. Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre la chambre de Draco. Il s’y glissa et s’approcha doucement du jeune homme endormi. Il le secoua légèrement pour le réveiller.

« Draco, murmura-t-il doucement. Réveille-toi, Draco ! »

Il espérait que le jeune homme n’ait pas une fois de plus perdu la mémoire. Car dans ce cas, il ne suivrait jamais Harry et… Le brun secoua la tête, chassant ces sombres pensées. Il ne devait pas perdre espoir. Il pourrait toujours l’assommer et l’enlever au lieu de fuir avec lui. Draco grogna et ouvrit difficilement un œil.

« Draco, réveille-toi, le pressa Harry.

- Pourquoi , grommela le blond en se frottant les yeux. Il fait encore nuit, Harry, t’es vraiment chiant ! »

Harry sourit. Il avait l’impression de retrouver l’ancien Draco, celui avec qui il n’échangeait que des insultes. Celui qu’il avait affronté pendant six ans. Celui qui avait animé sa vie pendant six ans…

« Draco, tu vas devoir me faire entièrement confiance. Il faut que je t’emmène loin d’ici, c’est une question de vie ou de mort. »

Son air grave suffit à décider Draco et à le réveiller complètement. Il se glissa hors de son lit et Harry l’aida à enfiler les vêtements qu’il avait apportés pour lui. En cinq minutes, ils étaient prêts à partir.

« Accroche-toi à moi, on va transplaner, expliqua Harry.

-Mais… Je croyais qu’il y avait des alarmes magiques à St Mungo…

- Ne t’inquiète pas, le rassura Harry. Tu es prêt ?

- … Oui, je suis prêt. »

La foi que plaçait Draco en lui réchauffa le cœur de Harry. Dans un ‘plop’ caractéristique, ils disparurent de St Mungo, déclenchant instantanément une alarme stridente qui réveilla tout l’hôpital et les aurors de garde au Ministère.

Harry et Draco réapparurent dans Hogsmeade.

« Suis-moi vite », ordonna Harry en saisissant fermement la main de Draco.

Ils coururent dans le dédale des ruelles sombres jusqu’à une vieille bâtisse isolée. Un sort d’ouverture eut raison du loquet et ils se précipitèrent vers la cheminée de la maison poussiéreuse. Harry attrapa un sachet de poudre de cheminette dans son manteau. Ils voyagèrent au travers de divers conduits, et à chaque maison, Harry jetait un sort pour brouiller leur passage. Au final, après une bonne dizaine de lieux miteux, Harry entraîna Draco vers la porte d’entrée d’un appartement. Ils étaient au deuxième étage d’une résidence de banlieue, visiblement. Le jeune auror tira son compagnon un peu vaseux à cause des trajets par cheminée vers un 4x4 garé au pied de l’immeuble.

« C’est quoi, ça , demanda Draco très étonné.

- Ben… C’est une voiture. Tu ne connais pas ça ?

- Ne me prends pas pour un crétin ! Je vois bien que c’est une voiture ! Mais… Pourquoi ?

- Je t’expliquerai plus tard. Monte. »

Harry sortit un trousseau de clés de sa poche et monta dans le véhicule. Draco fit de même et son compagnon démarra en trombe.

Ils roulèrent de longues heures, empruntant de préférence des petites routes qui devenaient de plus en plus petites et de moins en moins bordées de maisons. Draco s’endormit rapidement, bercé par le bruit du moteur.

Il ne s’éveilla que quand Harry le secoua doucement par l’épaule. Il fut surpris de ne pas être dans son lit à St Mungo mais assis dans un 4x4, avec un vilain torticolis dû à sa mauvaise position de sommeil. Il sortit du véhicule et s’étira. Le soleil brillait haut dans le ciel maintenant. Aux alentours, il n’y avait que des landes verdoyantes, parsemées d’arbres et de quelques moutons bêlants dans la fraîcheur matinale. Un torrent étroit coulait au fond du vallon large où était posé une vieille maison, certainement abandonnée depuis des lustres.

« On est où ? demanda Draco en étouffant un bâillement.

- Quelque part en Ecosse, répondit Harry en souriant et en lui prenant la main. On va rester là quelques temps, le temps que les choses se tassent. Viens, je vais te faire un petit déjeuner, tu dois mourir de faim ! »

Draco soupira. Il ne savait pas pourquoi Harry l’avait amené là, mais il se doutait que c’était pour une bonne raison. Et de toute façon, tant qu’il était avec Harry, peu lui importait l’endroit où il se trouvait…


Le soleil était chaud. Draco enleva ses chaussures et glissa ses pieds dans le torrent et frissonna. L’eau était glacée ! Il regarda autour de lui et soupira de contentement. Il aimait la nature sauvage de ce lieu. C’était si calme. Il glissa un brin d’herbe dans sa bouche et le mâchonna rêveusement. Cela faisait presque deux semaines que Harry et lui avaient emménagé dans cette vieille baraque coupée du monde. Deux semaines où les pertes de mémoires de Draco n’avaient pas montré le bout de leur nez. Bien entendu, son compagnon lui avait expliqué la raison de leur fuite. Que son ancien ennemi ait tout sacrifié pour sauver sa vie l’avait fait pleurer et Harry avait dû le consoler pendant au moins deux heures… Après coup, sa réaction lui paraissait stupide et enfantine, mais il ne pouvait s’empêcher d’admirer le courage et la détermination du brun Gryffindor. Et il pouvait encore moins douter de l’amour qui les unissait. Ces dernières semaines avaient été merveilleuses. Harry avait amené le confort nécessaire dans la vieille maison, et il utilisait le 4x4 pour aller au ravitaillement. Car il leur était impossible d’utiliser la magie, sous peine d’être repérés immédiatement. Les aurors du monde entier devaient être à leur recherche, et Draco savait au fond de son cœur que leur capture n’était qu’une question de jours, au mieux de semaines. Pour lui, cela signifiait l’emprisonnement à vie dans le moins pire des cas. Mais Draco s’inquiétait pour Harry. Il l’avait aidé. Il l’avait aidé à s’évader pour empêcher ses collègues de le jeter en prison. Il avait sacrifié sa carrière pour Draco. Sa carrière et peut-être plus… Il risquait lui aussi d’être emprisonné, il perdrait son Ordre de Merlin, durement gagné, il perdrait son statut de Héros du Monde Sorcier… Oui, Harry Potter avait tout sacrifié pour Draco.

Perdu dans ses pensées mélancoliques, Draco n’avait pas entendu Harry se glisser près de lui. Il revenait tout juste du petit hameau situé à 30 miles de là.

« Alors, mon coeur, tu rêves de moi ? demanda gentiment Harry à Draco en s’asseyant derrière lui.

- Comment tu as deviné ? », répondit malicieusement le blond en se calant contre lui.

Harry passa ses bras autour de la taille de Draco pour qu’il puisse rester confortablement lové contre lui. Il déposa un doux baiser dans les cheveux blonds.

« Tu sens bon…, soupira-t-il.

- Merci, répondit en riant Draco avant de se rembrunir. Alors… Tout s’est bien passé ? Pas de… mauvaises nouvelles ?

- Non… Ne t’inquiète pas. Personne n’a encore retrouvé notre trace. Je suis très fort quand il s’agit de brouiller des pistes, rajouta Harry en souriant.

- Oui, répondit rêveusement Draco, tu es le meilleur…

- Pourquoi je ressens de la tristesse dans cette remarque ?

- Parce que…, soupira Draco. Parce que tu es le meilleur auror de notre génération. Un des meilleurs sorciers de notre siècle. Tu as tué Voldemort de tes propres mains… Et tu as tout gâché pour moi… »

Sa voix était devenue de plus en plus faible, comme si la honte l’empêchait de dire trop haut ce qui lui pesait sur le cœur depuis la nuit de son évasion de St Mungo. Harry le repoussa gentiment pour venir s’asseoir à ses côtés. Il tourna doucement le visage tourmenté de Draco vers lui.

« Draco…, commença-t-il d’une voix très douce. Je ne regretterai jamais ce que j’ai fait. Jamais. Tu m’entends ? Même s’ils nous retrouvent et qu’ils me jettent en prison jusqu’à la fin de mes jours.

- Tu n’aurais pas dû faire ça… Je ne le mérite pas.

- Comment tu peux le savoir, fit remarquer Harry avec un sourire malicieux. Tes souvenirs ne remontent qu’à quelques semaines. Comment tu peux savoir si tu mérites ou non mon aide ?

- Je ne sais pas… Mais… Tu avais une brillante carrière, des amis… Tu as tout abandonné. »

Harry caressa tendrement la joue de son compagnon. Comment pouvait –il lui expliquer qu’il ne se sentait vraiment vivant que quand ses doigts touchaient sa peau laiteuse ? Qu’il ne sentait son cœur battre que quand ses yeux se perdaient dans l’océan du regard de Draco ?

« Mon cœur… Tu sais, ma vie était loin d’être merveilleuse, si ça peut te rassurer. J’ai été un héros, soit… Mais, toute mon enfance, j’ai été dressé dans l’optique de contrer le Seigneur Ténébreux. Depuis que Voldemort est mort… Ma vie est des plus ennuyeuses. Mon boulot est inintéressant. Mes amis… vivent leur propre vie, et je ne les en blâme pas. Je n’ai l’impression de revivre que depuis que tu es réapparu dans mon existence.

- C’est vrai ? s’étonna Draco, un léger sourire sur ses lèvres fines.

- Oui, c’est vrai », répondit Harry dans un souffle.

Il s’était rapproché de Draco et il passa ses doigts dans les cheveux blonds soyeux. Ce dernier frissonna. La chaleur qu’il lisait dans le regard émeraude éveilla en lui un désir brûlant. Un désir dont il savait qu’il ne pourrait être éteint que par les caresses de Harry. Draco rapprocha son visage de celui de son compagnon et l’embrassa doucement. Harry prit son visage dans ses mains pour approfondir leur étreinte. Ils s’embrassèrent longuement et de plus en plus passionnément. Ce n’était pas la première fois depuis qu’ils étaient là qu’ils échangeaient des baisers ou même des caresses assez intimes. Mais là, Draco sentit que c’était différent. Le désir de Harry semblait égaler le sien. Et cette fois, il sentait qu’une simple caresse serait insuffisante. Ils voulaient plus. Draco gémit tendrement entre les lèvres de Harry quand il sentit une main se glisser contre son pantalon. Lui-même retira lentement la chemise de Harry de son pantalon et entreprit de la déboutonner. L’esprit intoxiqué par le plaisir et le corps en ébullition, ils se retrouvèrent bientôt tous les deux nus l’un contre l’autre, enlacés dans l’herbe moelleuse du bord du torrent. Leurs mains exploraient chaque recoin du corps de l’autre, attentives aux gémissements et aux frissons qu’elles provoquaient. Haletant, Harry se décolla très légèrement de Draco et lui caressa le visage, souriant. Le jeune homme sous lui semblait plus que ravi de tant d’attentions, mais il préférait être sûr…

« Draco… Mon cœur… Est-ce que… Tu en as vraiment envie ?

- De quoi, que tu me fasses l’amour ?

- Oui, répondit timidement Harry en rougissant.

- Harry… Je ne pense qu’à ça depuis des jours… Bien sûr que j’ai envie toi.

- C’est … Tu l’as déjà fait ? »

Cette fois-ci, Draco ne put retenir un rire clair.

« Poser une telle question à un amnésique chronique…, remarqua-t-il en souriant gentiment. Il n’y a que toi pour avoir ce genre d’attention…

- Excuse-moi…, répondit Harry penaud. Je… Je suis stupide…

- Non… C’est adorable de le demander, dit Draco d’une voix câline. Je ne peux pas dire si oui ou non j’ai déjà fait l’amour, mais vu ta tête je dirais que je ne l’ai jamais fait avec toi… Et c’est tout ce qui compte pour moi… »

La tendresse d’une telle déclaration émut Harry en même temps qu’elle abattit ses dernières barrières. Il reprit possession des lèvres douces de Draco et frémit en sentant son corps chaud s’ouvrir à lui. Il avait du mal à réaliser ce qu’il faisait, mais son corps et celui de Draco semblaient s’accorder à merveille, de sorte qu’il n’avait plus besoin de réfléchir. Il goûta chaque centimètre carré de la peau sucré de son compagnon, se délectant en particulier de la peau douce de son ventre et de ses cuisses, laissant sa langue jouer avec le nombril et les tétons clairs durcis par le plaisir. Draco se sentait vibrer. Il écarta les jambes pour qu’Harry puisse s’installer confortablement contre lui, et il ne put retenir un long gémissement de plaisir quand il sentit le sexe dur du brun se frotter contre le sien. Tandis que Harry continuait à éveiller son corps à mille merveilles avec sa langue, il sentit une main se glisser contre sa cuisse et il retient sa respiration. Il haleta lourdement quand un doigt se glissa en lui doucement. Harry l’embrassa à nouveau tandis qu’il le préparait. Draco plongea ses doigts dans les cheveux bruns en bataille et ondula contre Harry, se cambrant pour faciliter le travail d’orfèvre de son amant. Leurs souffles s’accordèrent lorsque Harry pénétra Draco dans un coup de rein doux. Les deux amants entremêlèrent leurs doigts et Harry entama de longs va-et-vient qui leurs arrachèrent des gémissements à tous les deux. Draco sentait une étrange chaleur l’envahir à mesure que leurs deux corps entraient en communion parfaite. Il ferma les yeux et se raccrocha à Harry, se focalisant sur la chaleur qui émanait de ses reins et sur les battements de son cœur qui s’emballait de plus en plus. Quand l’harmonie de leurs mouvements fut presque totale, il réalisa soudain que les battements sourds qu’il percevait n’étaient pas que les siens : il pouvait entendre les battements du cœur de Harry résonner à ses oreilles… Non. Résonner en lui. Il resserra son étreinte sur les mains de Harry et un éclair de chaleur le saisit quand leurs cœurs battirent à l’unisson. Il rouvrit les yeux et les plongea dans ceux de son amant.

… Sauf que ce qu’il vit n’était pas le magnifique regard vert piqueté d’or de Harry…

Une pièce aux murs clairs. Une lampe aveuglante. Hermione Granger, penchée sur lui, qui semblait lui parler, les yeux remplis d’inquiétude. Le froid. Harry…

Dans un souffle, il revint à la réalité. La chaleur du corps de Harry le submergea à nouveau. Il poussa un petit cri, surpris par les sensations qui l’envahissaient. Les doigts de son amant se dégagèrent d’une de ses mains pour venir caresser son visage tendrement. Son esprit se calma, apaisé par ce contact.

« Je t’aime, Draco », murmura Harry dans un souffle avant de l’embrasser passionnément.

Alors, la main de Harry glissa entre leurs deux corps en ébullition pour venir caresser le sexe de Draco. Une nouvelle vague de plaisir le submergea. La main et les mouvements de hanche s’accordèrent rapidement, menant lentement mais sûrement Draco vers une félicité qu’il n’avait jamais connue jusqu’ici. Je t’aime aussi…, pensa Draco. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Il ferma à nouveau les yeux un instant, se demandant un très court instant pourquoi il avait eu cette étrange vision… Harry enfouit son visage contre son épaule, haletant lourdement à mesure que lui aussi approchait de l’orgasme, sa main et ses mouvements de reins en parfaite harmonie avec le corps frémissant de Draco. Mais alors qu’il n’aurait dû penser qu’à Harry qui lui faisait l’amour divinement bien, l’esprit de Draco ne pouvait oublier cette vision fugitive. Il essaya d’oublier l’instant présent pour se concentrer sur ce qu’il avait vu. Il ferma fortement les yeux, se mordant les lèvres pour ne pas crier de plaisir alors que Harry allait et venait en lui.

… Il rouvrit les yeux pour découvrir à nouveau la pièce étrange. Il réalisa qu’ici, il ne sentait rien. Ni Harry qui le touchait, ni rien d’autre. Il ne touchait rien, n’entendait rien, ne sentait rien. Seule sa vue semblait fonctionner. Il regarda sur sa droite et découvrit une vision qui le glaça. Harry… Harry étendu sur une table d’opération, couvert de sang et de blessures, visiblement inconscient.

Alors, Draco se souvint de tout…

La guerre. Voldemort. Harry. L’affrontement final. L’Elu avait tué Voldemort, mais avait été frappé par la dernière malédiction du Seigneur Ténébreux : dans son dernier souffle, il avait plongé Harry Potter dans un monde imaginaire, quasiment semblable au monde réel qu’il avait connu jusqu’ici… à la différence près que le temps là-bas s’écoulait bien plus vite que dans le monde réel. Quand ses amis l’avait retrouvé, Harry n’en avait que pour quelques heures à vivre, tout au plus quelques jours. Après, son esprit serait mort de vieillesse, prisonnier du sortilège.

C’est alors que Draco était venu leur faire une proposition. Il était devenu un Mangemort, soit, mais sa loyauté envers l’Ordre du Phénix était réelle. Il avait depuis bien longtemps abandonné l’idée de réhabiliter le nom de sa famille auprès du Seigneur des Ténèbres car cela impliquait d’adhérer à des idéologies qui lui collaient la nausée, à bien y réfléchir. Mais sa connaissance de la magie Noire pouvait les aider à sauver Potter. Il connaissait le moyen de rejoindre le monde onirique qui l’emprisonnait. N’ayant d’autre choix, le rituel magique pour libérer Harry s’était préparé dans l’urgence la plus absolue. Et quelques heures seulement après qu’il ait été frappé, Draco s’était glissé dans son monde… Six ans s’étaient déjà écoulés pour Harry. Mais Draco n’avait pas pu rejoindre le jeune homme de suite et la puissance du sort l’avait empêché d’être en phase avec ce monde parallèle. De sorte que quand Draco avait enfin vu Harry, la plupart de ses facultés mémorielles s’étaient évanouies…

Draco réalisa pourquoi tout cela lui revenait maintenant. Au cours des mois qu’il avait vécu aux côtés de Harry dans son monde, ils s’étaient rapprochés. Pour rompre le lien, il fallait que l’émissaire et le maudit aient une forte relation psychique. C’était pour cette raison que Draco s’était porté volontaire : la rivalité teintée de haine qui les unissait depuis des années serait suffisante pour créer un lien entre les deux mondes. Tout était tombé à l’eau quand sa mémoire avait fondu comme neige au soleil. Mais un autre sentiment était né entre eux… Leur amour était fort. Il pouvait le sentir au plus profond de son âme. Harry Potter faisait partie de lui, d’une certaine façon. Et le fait de faire l’amour les mettait parfaitement en phase. C’était le moment où jamais pour Draco de ramener Harry dans le monde réel. Il se concentra à nouveau sur Harry…

De nouveau, il ressentit le corps de Harry contre le sien. Il entendit ses propres gémissements faire écho à ceux de son amant.

« Mon amour, parvint-il à gémir. Est-ce que… tu me suivrais… n’importe où ?

- Ouiiii », gémit Harry.

A cet instant, un ultime mouvement de Harry eut raison de Draco et il sentit une vague d’étincelles remonter de ses reins pour parcourir tout son corps. Il poussa un gémissement rauque alors que son orgasme le faisait trembler de plus en plus fort et il put sentir que Harry aussi avait franchi la zone d’extase. Il savait qu’il devait profiter de cette union parfaite pour les ramener. Il rassembla tous ses esprits pour arriver à murmurer un « maintenant » faible, destiné non à Harry mais à ceux qui, de l’autre côté, attendaient dans l’angoisse de pouvoir prononcer l’incantation nécessaire à leur retour…


Harry se réveilla en sursaut. La vague de sensations et d‘informations qui le submergea lui tourna la tête et il eut du mal à contenir sa nausée. Froid. Douleur. Lumière. Douleur. Bruit. Douleur. Son corps entier le faisait souffrir. Des gens s’agitaient autour de lui, mais son audition était déformée et sa vision était troublée. Une silhouette fine aux cheveux roux se penchait sur lui, visiblement bouleversée.

Qui était ces gens ? Où était-il ? Et surtout… Où était Draco ? L’instant d’avant, il était dans la lande écossaise. L’instant d’avant il faisait l’amour avec Draco… Une terrible angoisse lui broya le cœur et il pencha la tête sur le côté, comme si détourner la tête pouvait l’empêcher de faire face à la réalité. C’est là qu’il le vit.

Draco était là, étendu. Encore plus pâle que d’habitude. Il semblait secoué de convulsions et Harry reconnut dans le flou qui l’entourait les deux personnes qui tentaient de le maintenir. Ron et Hermione. Harry essaya de parler, de leur dire d’aider Draco, qu’il avait l’air de souffrir mais seul un faible grognement sortit de ses lèvres et les mains fraîches de la jeune fille rousse se posèrent sur son front.

« Calme-toi, Harry… », dit-elle.

Ses esprits revenaient peu à peu. Ses sens aussi. Il leva les yeux vers Ginny et tenta de soulever sa main droite pour la mettre dans la sienne, mais rien n’y fit. Son corps ne lui obéissait plus. Sa vision se troubla à nouveau peu à peu.

« On le perd, Ron , s’écria soudain Hermione complètement affolée. Draco est en train de mourir ! »

Harry regardait impuissant ses amis tenter de sauver son amant. Draco était immobile maintenant. Trop immobile. Ron tenta un massage cardiaque qui se solda visiblement par un échec. Ne le laissez pas mourir, pensa Harry. Je vous en supplie ! Il sentit une larme couler le long de sa joue. Il vit Hermione invoquer une boule d’énergie et poser sa main électrisée sur la poitrine sans vie de Draco. Au contact de l’électrochoc, son corps se cambra puis retomba, toujours aussi immobile.

La dernière chose que vit Harry avant de perdre connaissance fut Hermione qui invoquait une seconde boule.


Ce fut le bruit de la pluie contre la fenêtre qui réveilla Harry. Hermione était assise à son chevet, plongée dans la lecture d’un épais grimoire. Il sourit.

« Alors, jeune fille, dit-il la voix un peu faible. Je vous dérange si je me réveille maintenant où je dois attendre la fin de votre chapitre ? »

Hermione sursauta et lui sauta au cou.

« Harry ! Oh, Harry ! C’est merveilleux ! Tu es réveillé !

- Oui, mais je ne vais pas tarder à mourir étouffé, gémit-il difficilement.

- Pardon…, marmonna son amie, gênée. Alors, comment te sens-tu ? »

Comme quelqu’un qui vient de voir son monde s’écrouler en quelques minutes…, pensa Harry.

« Ca peut aller, répondit-il en souriant un peu, se disant qu’un mensonge était parfois une meilleure chose que la vérité.

- Tu dois être complètement déboussolé… Mais ne t’inquiète pas, tout reviendra rapidement et ça ne sera plus qu’un mauvais rêve. »

La jeune sorcière lui sourit. Harry ne partageait pas son enthousiasme. Il laissa son regard dériver sur le ventre de son amie et soupira. Ici, pas de Weasley juniore. Peut-être Ron et elle n’étaient-ils même pas ensemble !

« Où est Draco ? demanda-t-il enfin, désirant la réponse autant qu’il la craignait.

- Il va bien, le rassura Hermione.

- Merlin soit loué ! »

Harry sentit son cœur au bord de l’explosion. Draco était vivant ! Draco allait bien !

« Il a été très affecté par ce… voyage, tu sais, continua Hermione. Le sort que t’a jeté Voldemort était très puissant et fait uniquement pour toi.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire que je ne comprends toujours pas pourquoi Malfoy a pris ce risque.

- Peut-être qu’il ne me déteste pas tant que ça, tenta Harry.

- Mmmh, permets-moi d’en douter ! Je suis certaine qu’il a fait ça en espérant qu’on le soutienne lors de son procès ! »

Le cœur du jeune homme se serra. Comment pouvait-elle dire une chose pareille ? Lui, il connaissait le vrai Draco. Celui qui était gentil, doux, attentionné, altruiste et aimant. Evidemment, Hermione n’avait jamais vu que le masque de Malfoy, celui qu’il s’était forgé depuis sa plus tendre enfance pour survivre dans le monde de ses parents. Mais Harry n’avait pas le temps d’expliquer tout ça à son amie, et de toute façon, il doutait qu’elle le croit. Lui, il désirait plus que tout voir Draco.

« Je veux le voir, Herm.

- Harry, je ne sais pas si c’est une si bonne idée.

- Et pourquoi ça ? demanda-t-il sur un ton sec qui étonna la jeune sorcière.

- Parce que… Tu dois comprendre que le monde imaginaire dans lequel tu étais plongé était une réalité déformée. La façon dont se comportaient les gens n’était pas forcément la même que dans la réalité…

- Et ?

- Et, hésita Hermione, Malfoy s’est peut-être conduit de façon inhabituelle. Il a sûrement était gentil pour te persuader de revenir… »

Si tu connaissais la vérité, pensa Harry, tu en mourrais

« Mais dis-toi que le Malfoy que tu as vu là bas n’est pas le même qu’ici. »

Harry frémit. Et si elle avait raison ? Si Draco avait simulé tout ça uniquement pour le ramener et gagner sa liberté ? Non, c’est impossible, pensa Harry. Il n’était pas en état de simuler quoi que ce soit. Et cet amour dans ce regard océan… Il ferma les yeux, abattu à la seule pensée que son amie ait raison… Et elle avait presque toujours raison !

« Je dois le voir, déclara Harry après de longues minutes de réflexion. Je dois savoir.

- D’accord, soupira Hermione. Je t’emmène le voir. »

Quelques minutes plus tard, Hermione emmenait Harry vers un endroit qui lui était très familier : le jardin intérieur de St Mungo. Il frissonna de cette coïncidence et interrogea son amie à ce propos. Elle lui dit que depuis que Malfoy s’était réveillé, il venait tous les jours ici. Ca l’avait étonnée au début, mais il n’y avait aucune raison de lui refuser ce petit caprice. A l’entrée du jardin, Harry demanda à son amie de le laisser seul.

Il s’avança lentement vers le banc sous le saule, son cœur battant de plus en plus fort dans sa poitrine. Il avait peur que Draco le rejette, qu’il lui dise que tout ça n’avait été que fantasme. Il vit la silhouette fine de Draco sur le banc. Notre banc, pensa Harry. Il s’approcha doucement et s’arrêta à un mètre de Draco. Celui-ci quitta le petit bassin des yeux pour lever les yeux sur Harry. Les lacs étaient placides, ne révélant aucun sentiment particulier, que se soit de l’amour ou de la haine. Harry resta figé d’appréhension.

« Je…, balbutia-t-il. Je peux m’asseoir ?

- Bien sûr », répondit Draco d’une voix calme.

Harry s’assit, le cœur de plus en plus lourd. Une telle froideur chez Draco était plutôt mauvais signe. Il resta muet, n’osant pas prononcer un mot de peur que sa voix ne trahisse sa déception et sa tristesse. Il sentait ses yeux le brûler. Draco rompit enfin le silence, sortant Harry de ses sombres pensées.

« Alors… Tu vas mieux ? demanda Draco d’une voix neutre.

- Ca dépend ce que tu entends par ‘mieux’…, rétorqua Harry, tendu.

- Je ne sais pas, tu es resté sans connaissance pendant une semaine, donc je demande, c’est tout…

- Une semaine ? s’écria Harry stupéfait.

- Oui… Hermione ne t’a rien dit ? s’étonna le blond, et la légère teinte dans sa voix réchauffa le cœur de Harry. Tu es resté dans une espèce de semi-coma pendant huit jours. Le temps que les derniers restes du sort onirique disparaissent de ton esprit.

- Ohhh – Le sujet brûlant arrivait – Et… toi aussi tu es resté… dans le coma ?

- Très peu… Je suis resté moins longtemps que toi mais ce n’est pas moi qui ai été frappé par le sort, donc c’est normal. C’est de la puissante magie noire qui extrait des souvenirs de ton esprit pour fabriquer un monde parallèle sur mesure pour la personne frappée. Donc, étant plus lié à ce monde, tu as plus souffert que moi de la… séparation. »

Ce mot glaça Harry. S’il y en avait une qu’il ne désirait pas et qui le faisait vraiment souffrir, c’était leur séparation !

« Mais, fit remarquer Harry sombrement, pourquoi m’avoir jeté un tel sort ? Voldemort me permettait de vivre une vie entière avant que je meure. C’était cruel pour mon entourage dans le monde réel, mais moi, je n’en souffrais pas vraiment.

- Harry, demanda Draco d’une voix douce qui fit frissonner Harry. Est-ce que tu étais heureux là bas ? »

Harry réfléchit. Son travail au Ministère était ennuyeux à souhait. Il ne s’entendait réellement avec aucun de ses collègues. Ses amis vivaient loin de lui ou étaient trop occupés avec leur propre vie. Il lui était même arriver de ressentir de la jalousie envers eux car ils avaient des vies bien plus riches et intéressantes que la sienne… Il n’avait jamais croisé un garçon digne d’intérêt, ce qui faisait de sa vie sentimentale un vaste désert. Il soupira. En fait, sa vie depuis six ans était tellement déprimante qu’il avait frisé plusieurs fois la dépression nerveuse. La seule chose de bien qui lui était arrivée en six ans était…

« Non, admit Harry. Ma vie était des plus inintéressantes jusqu’à ce que tu arrives. »

Il se mordit la lèvre pour avoir osé dire ça. Pourtant, Draco ne l’insulta pas, mais se radoucit.

« C’est vrai ? demanda Draco.

- Je dois admettre que oui.

- Tu sais, Harry… Je dois t’avouer quelque chose. »

Harry se tourna vers Draco. Les yeux bleus étaient maintenant légèrement troublés, signe d’une tornade intérieure.

« Tout ce qui a été créé par le sort n’était qu’une illusion, Harry. Tout. »

Harry eut la sensation que son cœur se brisait en fines poussières. Alors c’était Hermione qui avait raison. Draco ne l’aimait pas et ne l’aimerait jamais. Ses yeux verts se remplirent de larmes. Peu lui importait de pleurer devant son ennemi de toujours. Plus rien ne comptait désormais… Il sursauta presque en sentant la main fine de Draco se poser sur la sienne.

« Mais sache que si tout ce qui s’est passé dans ce monde parallèle était une illusion, les sentiments qui sont nés étaient bien réels, eux. Et le sont toujours… j’espère.

- Co… Comment ?

- Harry, je ne faisais pas partie du plan de Voldemort, expliqua Draco gentiment. J’ai été le grain de sable dans la machine. L’illusion a tenté plusieurs fois de nous séparer pour que tu souffres à nouveau de la solitude, mais tu l’as prise de vitesse. Et tu sais pourquoi ?

- N… Non…, mentit Harry.

- Parce que tu m’aimes, Harry Potter. »

Harry sentit ses joues le brûler. Il ne comprenait plus rien. Pourquoi Draco … ? Sa pensée fut interrompue par les lèvres douces de Draco qui se posèrent sur les siennes. Le baiser tendre lui sembla durer une éternité et une seconde à la fois. Quand leurs lèvres finirent de se retrouver, il sourit doucement.

« Bon, souffla Draco, tu as compris maintenant ?

- Je crois que oui…

- Et pourquoi tu souris bêtement comme ça ? se moqua gentiment le blond.

- Parce que… Je viens de réaliser qu’en fait, c’est la première fois qu’on s’embrasse… Réellement, je veux dire.

- Mmmmh, ronronna Draco, tu sais qu’il y a d’autres choses qu’on va devoir refaire pour la première fois… »

Un large sourire se dessina sur le visage du Gryffindor. Il caressa tendrement la joue douce de son amant et l’embrassa à nouveau. Draco l’enlaça et ils se perdirent dans la chaleur de leurs caresses.

Bien sûr, ça ne serait pas facile pour eux au début. Ils auraient à expliquer à leur entourage les raisons de leur subite liaison - subite pour les autres mais pas pour eux. Ils auraient à blanchir Draco des crimes dont il serait accusé en tant qu’ancien Mangemort et qu’il n’avait pas commis – mais au moins avait-il maintenant toutes ses capacités pour se défendre, sans compter sur Harry. Et ils devraient démarrer une vie commune. De tous les défis, ça serait certainement le plus difficile à relever… mais aussi le plus palpitant.

Fin.